Se souvenir d’un traumatisme : la levée d’amnésie traumatique
- fayelemaire
- il y a 7 jours
- 2 min de lecture

Il arrive parfois qu’un souvenir traumatique, longtemps absent de la mémoire consciente, refasse surface brutalement. Cela concerne notamment des violences sexuelles, comme un viol vécu dans l’enfance ou à l’âge adulte.
Ce phénomène s’appelle la levée d’amnésie traumatique.
Pourquoi peut-on « oublier » un traumatisme ?
Face à un événement trop violent, trop soudain, trop menaçant, le cerveau peut mettre en place un mécanisme de survie. Quand il est impossible de fuir ou de se défendre, l’esprit se protège en mettant à distance l’événement, parfois jusqu’à l’effacer de la mémoire consciente.
Ce n’est ni un mensonge, ni un refoulement volontaire.
C’est une réaction neuropsychique automatique, bien documentée aujourd’hui.
Le souvenir n’est pas détruit : il est stocké autrement, souvent sous forme de sensations, d’émotions, de réactions corporelles.
Quand le souvenir revient
La levée d’amnésie peut survenir :
à l’âge adulte
après un événement déclencheur (thérapie, maternité, relation intime, parole d’un tiers, situation de vulnérabilité)
parfois sans prévenir
Le souvenir peut revenir sous forme :
d’images intrusives
de flashs
de sensations corporelles
d’un sentiment soudain de danger ou de panique
Ce retour peut être extrêmement déstabilisant, car la personne ne comprend pas toujours ce qui lui arrive.
Le lien avec le syndrome de stress post-traumatique (SSPT)
Lorsque le traumatisme refait surface, il peut s’accompagner de symptômes de stress post-traumatique, tels que :
cauchemars, flashbacks
hypervigilance, anxiété intense
dissociation, sentiment d’irréalité
évitement, repli
troubles du sommeil ou de l’humeur
Ces réactions sont normales face à un événement anormal. Elles ne sont pas un signe de faiblesse, mais la trace d’un choc psychique non élaboré.
« Et si ce souvenir était faux ? »
C’est une question fréquente, et une grande source de détresse. Le doute fait partie du processus traumatique.
Ce qui compte, ce n’est pas de « prouver » immédiatement, mais de prendre au sérieux la souffrance ressentie ici et maintenant. Le corps et le psychisme ne réagissent jamais sans raison.
Être accompagné·e
La levée d’amnésie traumatique ne devrait jamais être traversée seul·e.
Un accompagnement thérapeutique permet :
de sécuriser la personne
de remettre du sens progressivement
de retrouver un sentiment de continuité et de stabilité
d’apaiser les symptômes traumatiques
Il n’y a aucune urgence à tout comprendre ou tout dire. Le travail se fait au rythme de la personne, dans un cadre contenant et respectueux.
Un message important
Se souvenir n’est pas « replonger ». C’est souvent le signe que le psychisme se sent enfin suffisamment en sécurité pour dire ce qui a été trop longtemps tu.
Vous n’êtes pas fou·folle.
Et vous n’êtes pas seul·e.
Faye Lemaire
Psychothérapies
Thérapeute Couple
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